Le chamanisme : un état d'être sans frontières
par Marie-Noëlle Anderson
(Paru dans la revue "Les Plumes de l'Aigle" no 12/1997)
Aujourd'hui, le chamanisme s'urbanise. Son universalité est réactualisée, portée par ce courant réunificateur de la science et du sacré, répondant à un besoin viscéral, parfois déjà un cri désespéré, conscient de l'état d'urgence d'un monde en déséquilibre: le Koyaanisquatsi des Indiens Hopi, dont la légende incite à retrouver le chant de la création en accord avec les lois universelles de vie et d'harmonie. A l'aube de l'an 2000, dans un contexte socio-culturel le plus souvent urbain, soumis à des impératifs professionnels et économiques, que pouvons-nous faire de cette mémoire qui s'éveille à l'intérieur de chacun? Il va s'agir de la canaliser, afin qu'elle puisse gagner en force et en efficacité. Par des sweat-lodge bien sûr, très à la mode et procuratrices de sensations fortes, parfois d'états modifiés de conscience. Pas toujours très efficaces lorsque l'on se retrouve le lundi matin devant son ordinateur, plus déphasé qu'avant.
Commençons par construire des fondations solides, la première pierre de l'édifice étant la formulation d'une déclaration d'intention, afin de définir clairement la démarche et avec l'engagement - vis-à-vis de soi-même - de se donner les moyens de parvenir au but. Cela implique l'apprentissage de l'impeccabilité: trouver en soi le lieu de silence où la réceptivité féminine permet de conjuguer intuition et puissance intérieure qui vont s'extérioriser en conquête de la beauté et de la paix - c'est la démarche du chamane guerrier - en reconnaissant, accueillant et vivant, sans la juger, notre force intérieure, qu'elle nous paraisse grande ou petite. Force magnifique, co-créatrice de la réalité terrestre individuelle et collective, en collaboration avec la force de vie universelle, avec le Créateur, dont on cherche à capter l'intention nous concernant par une quête de vision, par la révélation de notre légende personnelle.
Suivront les différentes étapes du parcours: l'acquisition de la mobilité de la conscience, l'abandon des dépendances, l'oblitération de l'histoire personnelle, l'apprentissage d'une autre perception, l'arrêt du dialogue intérieur et tant d'autres. Les techniques d'apprentissage sont nombreuses. Elles s'inscrivent toutes dans l'un des deux grands arts chamaniques: l'art du rêve et l'art de la traque. L'art du rêve permet non seulement l'exploration de la réalité invisible, mais aussi l'action dans cette dimension qui cherchera ensuite un moule adéquat afin de se concrétiser dans la matière. Les techniques de visualisation créatrice ne sont rien d'autre qu'un aspect de cet art. L'art de la traque consiste d'abord à traquer nos ennemis intérieurs: peurs, complexes, croyances héritées, mécanismes inconscients. Puis à traquer et conquérir les qualités nécessaires à l'accomplissement du but, à recevoir les pouvoirs de nos alliés des autres règnes. Cet art s'exerce dans le monde visible: l'apprenti-chamane s'expose physiquement aux défis proposés par l'entourage, aux forces de la nature. Et pour cela, même un parc public fait l'affaire, un chat, une araignée, un moineau peuvent véhiculer un message.
Petit à petit les alliés des quatre règnes vont sortir de l'ombre, avec leurs enseignements. Ils s'inscrivent dans la roue médecine, porteuse d'un savoir universel, de l'apprentissage de l'équilibre, de la résonance, de la réciprocité et de la spirale des cycles du temps.
Tout est là pour vous, chamane en devenir, ici et maintenant, sortez vos antennes, ouvrez vos récepteurs et écoutez. Puis, passez à l'action. Ne vous perdez pas en bavardages, ne permettez-pas au mental de récupérer les certitudes ressenties et d'y instiller le doute, mais veillez à la cohérence entre la pensée, les paroles et les actes: Walk your talk!
Marie-Noëlle AndersonThérapie holistique
Technique de résonance énergétique (radionique)